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  • La caste des avocats

    La caste des avocats

    Je vous ai déjà parlé de ma fille ? L’avocate surdouée ? En même temps, je n’en ai qu’une… Cette graine de génie, comme on l’appelle dans la famille, a toujours tout réussi depuis son premier puzzle jusqu’à ses études brillantes et solitaires : elle est sortie major, ou presque, de l’école du Barreau. Elle connaît sur le bout des doigts le code civil, le code pénal, le code de procédure civile, le code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure et le code de la route.

    Pas étonnant que le prestigieux cabinet international Watson, Watson & Brothers lui ait mis le grappin dessus !

    Pourtant, dès son premier jour, Watson (l’autre) l’a mise en garde : « Votre période d’essai ne saurait être validée si vous ne maîtrisez pas le code comportemental. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il prime indiscutablement sur tous les autres, n’est-ce pas ? ». Elle était effectivement sans le savoir, mais n’en a pas pipé mot…

    750 pages et 2 413 articles plus tard, elle n’était plus tout à fait la même, expliquant, à qui voulait l’entendre, qu’un cabinet d’avocat n’était pas une entreprise comme les autres : les associés ne parlent pas aux simples collaborateurs, les collaborateurs n’adressent pas la parole aux non-juristes, et les assistant(e)s baissent les yeux devant les membres des autres castes.

    Autant dire que pour moi, cela complique un peu les choses : en tant que client, à qui ai-je le droit de m’adresser ?

  • Les vacances !

    Les vacances !

    Cet été, c’est décidé, j’emmène ma femme au camping des flots bleus, elle est fan de Laurent Voulzy. On va se la couler douce, moi je vais enfin pouvoir finir mon livre de compta, et elle, elle rêve d’être élue Miss Camping.

    Tout sauf les vacances de l’an dernier en tout cas ! Finis, les séjours guindés chez Paulo et Lulu, mes amis d’enfance. Je les adore, mais on dira ce qu’on dira, ils sont quand même spéciaux, les avocats. C’est vrai qu’elle est belle, leur nouvelle villa sur la Côte, mais de là à la baptiser « Affaire Karachi » en hommage à leur plus gros client, je trouve cela un peu « too much ». Et tout à l’avenant ! Le premier soir, nos hôtes nous servent un très bel apéritif dans de sublimes flûtes en cristal que ma femme ne manqua pas de remarquer.

    « Ah, ça me fait plaisir que tu apprécies les belles choses, s’enthousiasma Paulo. Ça, c’est le résultat d’une plaidoirie menée de main de maître ! »

    Et là, il est devenu intarissable : les colonnes de marbre de l’affaire Total Fina Elf, la Lamborghini décapotable de Ben Ali, la piscine à remous et débordement du procès Messier, sans oublier les poupées russes du divorce de Nico et Cécilia, et j’en passe !

    Moi je lui ai montré mes espadrilles que j’ai gagnées dans un paquet de corn flakes. Moi aussi je sais détecter les opportunités, non mais !

  • L’homoparentalité en question

    L’homoparentalité en question

    Quand la loi ne dit pas tout

    La justice française est dans une position délicate : elle fait face à une recrudescence de couples homosexuels qui sont contraints de contourner la loi afin d’élever un enfant et qui réclament dès lors la régularisation de leur situation. Un récent sondage IPSOS montre que 49% [1] des français y sont favorables et le nouveau Président de la République, François Hollande a promis d’ouvrir le mariage et l’adoption à ces couples.

    Que dit exactement la loi et quelles sont les zones de vide juridique dans lesquelles les couples homosexuels arrivent à créer des familles qui n’en ont pas encore la reconnaissance ?

    Tour d’horizon en Europe

    Huit pays européens autorisent le mariage entre personnes du même sexe et neuf l’adoption : Pays-Bas (2001), Royaume-Uni (2005), Espagne (2005), Islande (2006), Belgique (2006), Norvège (2008), Danemark (2009), Allemagne (2009), Suède (2009). En effet, le Portugal autorise le mariage mais pas l’adoption, tandis que l’Allemagne et la Grande Bretagne ont autorisé l’adoption mais pas le mariage, posant la question de la nécessité de lier les deux.

    Deux formes d’adoption existent : l’adoption « internationale » et l’adoption de l’enfant du conjoint, issu d’une union hétérosexuelle précédente, d’une procréation médicalement assistée, ou d’une mère porteuse – ces moyens de procréation étant autorisés aux Pays Bas et en Belgique par exemple.

    Un vide juridique qui oblige la justice à faire du cas par cas

    En France, le Conseil Constitutionnel ne considère pas que l’interdiction aux couples homosexuels d’avoir recours à l’adoption simple soit contraire à la Constitution française. La loi dispose d’ailleurs que seuls les couples mariés ont le droit d’adopter. Le mariage n’étant pas autorisé aux couples de même sexe, la situation semble inextricable.

    L’envie de fonder une famille est mère de créativité pour une communauté homosexuelle en manque de reconnaissance. Puisque légalement, un célibataire peut prétendre à l’adoption, nombreux sont celles et ceux qui taisent leur vie de couple pour y accéder. Le bât blesse lorsque les concubins désirent que l’autorité parentale, qu’ils exercent de fait, soit reconnue.

    Géographiquement, la France est entourée de pays qui permettent, comme la Belgique ou les Pays Bas, à de nombreuses femmes lesbiennes de bénéficier d’une IAD (insémination artificielle par donneur) et aux couples de gays de faire appel à une mère porteuse (autorisé aux Pays-Bas, au Royaume Uni et en Grèce). Contourner la loi française pour constituer une famille n’est pas monnaie courante mais est une pratique qui tend à se démocratiser. Sans parler des duos de couples – un couple gay et un couple lesbien – qui s’organisent en coparentalité pour concevoir et élever un enfant ensemble.

    Des astuces d’avocat

    Les situations personnelles se multiplient et une question perdure : comment faire avec ces concubins qui, dans la réalité de leur foyer, sont parents mais qui n’en ont pas le statut juridique ?

    Jusqu’en 2007, beaucoup de couples faisaient appel à la justice demandant dans un premier temps une adoption simple– le concubin adopte l’enfant mais le parent biologique est destitué de son autorité parentale – puis dans un second temps une délégation partage de l’autorité parentale. La Cour de Cassation a mis fin à cette pratique qu’elle a qualifiée de « frauduleuse » en refusant les adoptions simples au sein des couples homosexuels.

    La communauté homosexuelle et leurs avocats trouveront peut-être d’autres stratégies pour contourner la loi démontrant par l’exemple le vide juridique auquel le législateur va devoir s’atteler. La question n’est pas simple et relève à la fois du politique et du sociétal, de l’éthique et de la morale pour certains, voire du philosophique pour d’autres. Depuis toujours la loi s’adapte à la réalité de la société – n’est-ce pas d’ailleurs son rôle ? Aujourd’hui, selon l’Association parents gays et lesbiens (APGL), 200 000 enfants vivent dans des familles homoparentales en France. Autant de familles que la loi ne reconnaît pas en tant que telles. Les juges sont dès lors confrontés à des situations ubuesques tant les textes et la réalité sont éloignés. Même si la jurisprudence avance, la loi a pris un sérieux retard !

    [1] Sondage téléphonique TNS SOFRES datant du 31 janvier 2011

    http://www.tns-sofres.com/_assets/files/2011.01.28-homosexualite.pdf

  • Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement… ou pas

    Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement… ou pas

    Ah ! La fierté d’un père envers sa fille ! Ca c’est quelque chose, non ? J’ai encore en mémoire la première fois que la mienne a fait du vélo sans les petites roues et, quelques semaines plus tard, le jour où elle a prêté serment dans sa robe d’avocat. Un très grand moment cette cérémonie. Et puis surtout, je me suis dit : « chic alors, elle va pouvoir me conseiller gratis ! ». C’est qu’on a du mal à se mettre d’accord avec mes frères sur le cas de tante Eliette. La pauvre n’a plus que 25% de ses capacités intellectuelles, mais toujours 75% de la SCI familiale.

    Dimanche dernier, autour de la blanquette de ma femme, j’ai donc décidé d’entreprendre mon avocate de fille sur la question. Et la prunelle de mes yeux m’a une fois de plus impressionné :

    « On peut envisager un exequatur, mais dans le cas présent je pense qu’il faut opter pour le porte-fort d’un quasi-contrat, relatif à l’alinéa 27 de l’article L-43-10 du Code de Procédure Civile, afin de débouter le demandeur et éviter la forclusion. Pour la famille, comme au regard de la loi, c’est nettement plus déontologique par ailleurs. Il faut à tout pris éviter la licitation ! La jurisprudence est de notre côté, mais avec les jugements en référé, on ne sait jamais ! Ils peuvent initier une ordonnance sur enquête. Ad iura renunciata, non datur regressus… C’est exactement l’affaire du Capitaine du Navire Tropenbourg. Donc, c’est dans la poche mon papounet ! »

    C’est incroyable ce que cette gamine peut être brillante ! J’ai essayé de répondre quelque chose, elle a précisé sa pensée, et, je crois qu’à un moment la discussion nous a échappé car nous avons conclu, par consentement mutuel, que le brushing de Michel Drucker était toujours très réussi.

    ndlr : Toute ressemblance avec un ou une avocate exerçant ou ayant exercé serait parfaitement fortuite.

  • Le nom de l’un ou de l’autre

    Le nom de l’un ou de l’autre

    NDLR : article écrit avant la loi du 2 mars 2022.

    Epouse X ou veuve Y

    La question de l’égalité homme-femme au regard de la loi est un prisme à multiples facettes. Il en est une qui concerne plus spécifiquement l’égalité époux-épouse et père-mère quant au choix du nom d’usage et du nom de famille. Il est courant, lorsqu’un homme et une femme se marient que la femme prenne le nom de son époux comme nom d’usage. L’inverse est plus rare. Or, depuis 1975, la loi le permet. Et qui connaît la différence entre le nom de famille et le nom patronymique ? Précisions…

    Le nom de famille est un terme usuel qui ne fait pas débat dans la société. Pourtant cette formulation n’est apparue qu’assez récemment dans la loi et le code civil. La loi du 4 mars 2002 l’a introduit en faisant disparaître celle qui était encore en vigueur de « nom patronymique ». Car le nom se transmettait alors par le père exclusivement. Sous l’influence de la Cour européenne des droits de l’homme et pour tendre vers une plus grande égalité de sexes, notamment entre parents dans l’attribution du nom, le code civil a donc été revu et corrigé. On comprend bien qu’ici les questions liées au nom relèvent du champ de l’égalité entre les hommes et les femmes !

    Nom d’usage

    Au moment de s’unir, quel nom choisir ? Si peu de couples se posent la question, c’est que la cause est entendue depuis des siècles et des siècles : le nom du mari – qui deviendra le nom du père – prime. Ce nom, qui ne remplacera jamais le nom de naissance, est un nom d’usage dont on peut jouir par substitution ou par adjonction. La nuance est d’importance !

    La loi datant de 1975 permet à chacun de choisir le nom de l’autre comme nom d’usage, établissant de fait une réelle égalité entre les époux. Mais une circulaire de 1986, semble revenir sur cette égalité franche en précisant que le mari peut prendre le nom de sa femme comme nom d’usage par adjonction seulement tandis que la réciproque peut se faire également par substitution.

    La vocation d’une circulaire est d’expliquer la loi aux administrations : de ce point de vue, l’objectif ne semble pas atteint ! Par ailleurs, une circulaire valant moins qu’un décret qui vaut moins qu’une loi, on peut rassurer les – rares – messieurs qui souhaiteraient prendre le nom de leur femme comme nom d’usage par substitution : la loi le permet !

    Ce recul sur l’égalité entre les époux quant au nom d’usage est d’autant plus surprenant que l’égalité entre les parents est bien réelle lorsque l’on parle du choix du nom de famille. Le nom choisi pour le premier enfant fait référence et devient le nom de famille que porteront les suivants. Nom du père, de la mère, des deux accolés… Les possibilités sont variées et les parents disposent d’une grande liberté. Pourquoi, dans ces conditions, la question du nom d’usage reste – au moins dans la circulaire de 1986 – inégalitaire entre l’homme et la femme ? Au-delà de la loi, cette question est évidemment un sujet de société que nos voisins gèrent différemment. En Allemagne, par exemple, les époux peuvent opter pour un nom matrimonial qui peut être indifféremment celui de naissance du mari ou de la femme. Et dans les faits, les Allemands sont plus nombreux que nos compatriotes à adopter le nom de leurs épouses… La société française sera-t-elle un jour prête à voir arriver des messieurs Bardot, Dati, ou Chazal ? Ou un monsieur Arnaud Pulvard ?

  • Le couple est un animal déraisonnable

    Le couple est un animal déraisonnable

    Au panthéon des personnes les plus inventives, on trouve : les artistes, les savants fous et les avocats en droit de la famille.

    Mes amis les Fontaine avaient comme folle ambition de réussir leur séparation malgré leurs différends : Brigitte n’ayant d’yeux que pour leur petit Barnabé, Jean, relégué au second plan, passait très peu de temps au foyer conjugal.

    Barnabé, tiraillé entre les regrets de l’un et les remords de l’autre (ou bien était-ce l’inverse ?), en avait même perdu l’appétit. Autant dire que la situation était au paroxysme de l’insupportable !

    Que serait devenu le petit Barnabé, victime de ce déchirement familial, sans l’intervention de maître Capello, spécialiste des causes perdues ? C’est lui qui suggéra que les deux époux s’installent à une distance raisonnable l’un de l’autre, lui qui proposa que Barnabé vive chez Jean trois jours par semaine et chez Brigitte le reste du temps, encore lui qui imposa aux deux anciens amants fougueux un partage équitable des temps de vacances.

    Jean promis de donner un bain à Barnabé régulièrement bien que le petit détestât l’eau, et Brigitte accepta de le laisser aller à l’Atelier « Roue libre » le mercredi.

    Maître Capello rédigea cette clause dans la convention de divorce sous l’appellation « clause hamsteresque ». Avouez qu’ils sont ingénieux, ces avocats !

    De mon côté, je fus contente pour mes amis, mais j’avoue n’avoir jamais compris cette passion pour les hamsters, ces bestioles stupides et malodorantes. Moi j’ai toujours eu des poissons rouges. Au moins avec eux, les débats sont animés et on ne s’ennuie jamais.

  • Annuler un mariage

    Annuler un mariage

    Le Pomme-Z du code civil

    L’histoire est pour le moins pas banale, et la décision de justice qui en découle est assez rare pour qu’on en parle ici. Le TGI d’Avignon puis la Cour d’appel de Nîmes on procédé, en février dernier, à l’annulation pure et simple du mariage de Claude et de Myriam. Cette union n’a pas existé, effacez les photos et récupérez vos cadeaux ! Mais pour quelles raisons peut-on obtenir une annulation de mariage ?

    Les histoires d’amour finissent mal…

    Claude et Myriam se sont connus sur un site de rencontre en ligne. Il est informaticien à Paris, elle se dit télé-secrétaire à Sorgues (Vaucluse). Ils tombent amoureux (on l’imagine), il a 64 ans, elle 56 et n’ont vraisemblablement pas envie de perdre du temps. Ils se marient donc alors qu’ils ne vivent pas encore ensemble.

    Sauf que lors d’un passage au domicile de sa « jeune » épouse, Claude découvre le pot aux roses : Myriam n’est pas télé-secrétaire mais escort girl et elle recrute ses clients sur les sites de rencontre. Claude se sent trahi. Il ne connaît pas la femme à laquelle il vient de s’unir et considère qu’il y a « erreur sur les qualités essentielles ». Du coup : demande d’annulation !

    Erreur sur les qualités essentielles de la personne

    L’article 180 du Code civil énonce : « S’il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage. »

    Pour ce qui est de l’erreur « dans » la personne, chacun peut donner libre court à son imagination. En ce qui concerne les qualités essentielles, la jurisprudence permet d’en établir une liste non exhaustive : la qualité de divorcé (qui fait obstacle à la tenue d’un mariage religieux chrétien), la qualité d’ancien condamné, la qualité de prostituée, la nationalité,… Cette liste évolue au fil des affaires soumises à l’appréciation d’un juge avec le temps et les mœurs. La loi permet ainsi de s’adapter non seulement à chaque situation, mais également à l’époque dans laquelle elle se situe.

    Claude et Myriam

    Ainsi, le tribunal a considéré que si Claude avait eu connaissance de la réelle activité professionnelle de Myriam, il ne l’aurait pas épousée. Bien sûr, on peut se questionner sur les circonstances de leur rencontre, le fait qu’ils ne vivaient pas ensemble (et à plus de 600 km l’un de l’autre), et le caractère un peu précipité de leur union. Tous ces paramètres ont certainement joué un rôle – fâcheux – dans la méconnaissance qu’ils avaient l’un de l’autre. Si dans un précédent article, nous avons parlé des risques des divorces trop rapides, le cas présent met en lumière ceux d’un fast-love consommé par écran interposé après avoir renseigné une fiche « profil » qui semble faire abstraction de certaines qualités essentielles…

  • Cher avocat et avocat cher

    Cher avocat et avocat cher

    Il est des mots de la langue française qui, du fait d’une homophonie parfaite, créent les plus beaux qui pro quo. Pas plus tard que la semaine dernière, je fus entrainée dans un échange sans queue ni tête, sans début ni fin, en un mot sens dessus dessous ! Mon oncle Eugène, dont le fils aîné est entré dans les ordres pour la plus grande fierté de sa mère, tandis que le cadet est entré au barreau (la mère ne s’est pas prononcé sur ce choix), me disait l’autre jour que son fils – sans préciser lequel – montait les enchères tous les dimanches. La communication n’était pas très bonne, peut-être faut-il le préciser pour une meilleure compréhension du dialogue qui suit.

    • Il monte les enchères ? En salle des ventes ou sur internet ?
    • Mais non, il monte en chaire !
    • Mais ce n’est pas un péché ? Pour un prêtre ?
    • Quel prêtre ? Je te parle d’un avocat cher…
    • Casher ? Pour un prêtre ?? Là, je ne comprends plus rien !

    Je vous passe les interminables minutes de ce dialogue de sourd et vous en livre directement l’épilogue. Son fils, le prêtre, qui officie à Thore la Rochette (Loir et Cher), aime effectivement la bonne chère, mais là n’était pas le sujet. Il me parlait en réalité de son fils avocat – mon cher cousin – dont les honoraires sont tout à fait raisonnables. Quand la cousine Berthe l’a consulté pour son histoire de noyaux de quetsches, de dentiste fou et de roulette russe, je peux vous assurer qu’il lui a évité de grosses dépenses, voire pire. Une sordide histoire qui donne la chair de poule…

  • Un mariage en kit

    Un mariage en kit

    Se marier mieux pour divorcer moins ? A voir…

    Les chiffres de l’Insee sont sans appel : on se marie moins (-5% en 2011 vs 2010) et on divorce plus d’année en année. En région parisienne, plus d’un mariage sur deux finit par un divorce. Si les Français délaissent un peu le mariage, ils sont nombreux à se consoler dans les bras d’un Pacs accueillant ou d’un concubinage rassurant.

    Le mariage ferait-il peur ? Ou alors, la cérémonie civile ne correspond pas aux attentes des couples qui souhaitent s’unir pour le meilleur et pour le pire. C’est ce que pense notamment Claude Greff, la secrétaire d’Etat chargée de la famille.

    Redonner son faste au mariage civil

    Dans la proposition de Madame Greff, il y a une réelle volonté de donner aux futurs mariés la possibilité de s’approprier leur cérémonie et de la personnaliser pour la valoriser. Ce travail sur le rituel est salué par le professeur de sociologie à Paris Descartes, spécialiste de la famille, François de Singly qui regrette que le mariage civil en France, pays de la laïcité, a toujours été plutôt « bâclé ». A priori, personne ne trouverait rien à redire à l’insertion dans la cérémonie civile d’une dimension sensible – à défaut de sacré – au milieu du jargon juridique. Mais, que vient faire le législateur sur ce terrain ?

    « Kit », vous avez dit « kit » ?

    Avant de voir ce que contient ce « kit », arrêtons-nous un instant sur le vocable utilisé. Le mariage semble être une jungle sauvage qu’il convient d’aborder muni d’un « kit » sans lequel on ne donne pas chère de votre peau. Après le kit du mariage, nous espérons le petit futé de l’adoption en 5 étapes, le routard du parfait divorce, et, pourquoi pas, la trousse de survie en milieu conjugal.

    Au-delà du terme pour le moins malheureux, l’idée du kit de préparation au mariage civil est de mettre à la disposition des futurs mariés des informations sur la nature de leurs engagements et de les éclairer sur le contenu juridique de ce contrat particulier. Car si les conséquences d’un divorce sont d’abord humaines, elles sont également financières, pour les intéressés mais également pour la collectivité. Du coup, le gouvernement, soucieux de limiter les dépenses, tente de réduire le nombre de divorce en rappelant aux futurs mariés leurs droits et leurs devoirs. Combien d’amoureux, au moment de se dire « oui » devant le maire pensent par exemple qu’ils s’engagent à être solidaires de leur belle-famille ?

    Mais pourquoi divorce-t-on généralement : pour le non respect d’un des articles du code civil ou par manque d’amour ? Est-ce véritablement faute d’information que les couples finissent par divorcer ? Le concept des formations à la conjugalité, semble plus ou moins calqué sur les séminaires de préparation au mariage religieux. L’Etat est-il encore dans son rôle ?

    Réduire le nombre de divorce

    Un divorce n’est jamais un acte anodin et ses conséquences sont effectivement multiples. Vouloir en réduire le nombre est une noble ambition tant que cela ne consiste pas à jeter l’opprobre sur ceux qui n’arrivent pas à maintenir leur barque sous les auspices d’une Marianne accompagnée de Cupidon. Du point de vue de l’avocat, bien préparer un mariage consiste avant tout à réfléchir au contrat de mariage qui correspond le mieux à sa situation. La loi aide à régler les problèmes et permet d’en éviter d’autres, mais peut-elle – et le doit-elle – aider les amoureux à le rester ? La question est posée.

  • Dentiste, avocat… Entre deux maux, lequel choisir ?

    Dentiste, avocat… Entre deux maux, lequel choisir ?

    La peste ou l’avocat, dentiste ou choléra ? Cette question que vous êtes nombreux à vous poser mérite que l’on s’y attarde avec minutie et délectation. Qui ne s’est jamais fait la réflexion, les maxillaires contractés et la pupille aveuglée par l’intensité de la lampe du dentiste : « Qu’est-ce qui m’a pris de venir consulter ? Cette carie aurait bien fini par se guérir toute seule ! »

    Toute chose étant égale par ailleurs, ma cousine, dont le village entier jalouse la tarte aux quetsches, a l’habitude de répéter, depuis son divorce difficile d’avec un armateur grec du Dodécanèse : « Un avocat ? Malheureux ! Cet arracheur de dent opère sans anesthésie ! »

    Car, tout comme la carie qui va de mal en pis, les problèmes conjugaux de ma cousine auraient certainement pu trouver une issue plus supportable si elle avait consulté plus tôt. Mamie avait pourtant prévenu : « Mollo sur les quetsches, Berthe, tu vas finir par avoir mal aux dents ! ».

    Cet édito n’est pas sponsorisé par l’UFSBD (Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire)