Catégorie : Les chroniques de Nolwenn

  • Droit collaboratif : un mode amiable de résolution des différends

    Droit collaboratif : un mode amiable de résolution des différends

    Comment fonctionne le droit collaboratif ? 

    Vous souhaitez résoudre un conflit sans passer par une procédure judiciaire longue et conflictuelle ? Le droit collaboratif peut être la solution.

    Ce mode alternatif de règlement des conflits, encore assez mal connu, permet aux parties de parvenir à un accord en dehors du tribunal, en s’appuyant sur des principes tels la transparence, la confidentialité et des outils tels l’écoute active et la recherche des besoins.

    Accompagnés de leurs avocats formés impérativement au droit collaboratif, les justiciables construisent ensemble, dans un cadre sécurisé, une solution pérenne et sur mesure.

     

    Qu’est-ce que le droit collaboratif ?

    Créé dans les années 1990 par Stuart Webb, avocat du Minnesota, le droit collaboratif (ou collaborative law) s’est largement développé en Amérique du Nord avant d’arriver en France en 2006. Contrairement à ce que son nom peut laisser croire, il ne s’agit pas d’une branche du droit, mais bien d’un mode alternatif de règlement des conflits, fondé sur une méthodologie rigoureuse et un engagement contractuel fort.

    Le droit collaboratif est un processus structuré, qui repose en partie sur la négociation raisonnée. Chaque partie est assistée de son avocat, spécifiquement formé à ce mode de résolution des différends. C’est pour cela qu’on l’appelle aussi processus collaboratif.

    L’objectif : favoriser l’amiable, c’est-à-dire trouver une solution satisfaisante pour tous, dans un état d’esprit coopératif, sans recours au juge.

    Les participants s’engagent par contrat à :

    • négocier de bonne foi ; 
    • échanger de manière transparente ;
    • maintenir la confidentialité des discussions ; 
    • renoncer à saisir le juge pendant toute la durée du processus (obligation de retrait des avocats en cas d’échec).

     

    Comment fonctionne le processus collaboratif ?

    Le processus collaboratif est très structuré. Le travail se fait ensemble, lors de réunions entre les parties et leurs avocats, en présence d’un ordre du jour précis. Ces réunions sont animées selon des méthodes issues de la négociation raisonnée : écoute active, reformulation, gestion des émotions et identification des intérêts véritables de chacun. Cela permet de dépasser les positions rigides et de construire des solutions créatives.

    Le processus suit des étapes précises, encadrées par les avocats :

    Étape 1 – Le récit

    Lors d’une première réunion à quatre (les deux parties et leurs avocats), chacun partage son récit et explique la situation. C’est un moment essentiel pour poser les bases d’un dialogue respectueux et le cadre émotionnel du processus.

    Étape 2 – Identification des besoins et intérêts

    Chaque avocat travaille ensuite avec son client pour identifier ses intérêts profonds, ses besoins, ses préoccupations, ses valeurs et ses moteurs silencieux. Ces éléments sont ensuite partagés en réunion commune afin que chacun comprenne les attentes et les besoins de l’autre afin que l’accord final respecte ces intérêts mutuels.

    Étape 3 – Analyse objective de la situation et partage des informations

    Les avocats réalisent un audit complet de la situation des parties sur le plan juridique, financier, patrimonial et, si nécessaire, personnel ou relationnel. Les informations utiles sont partagées en toute transparence lors d’une réunion à quatre, afin que chacun ait une vision claire et commune de l’ensemble des enjeux.

    À cette étape, des experts extérieurs (notaire, expert-comptable, fiscaliste, psychologue, expert immobilier…) peuvent être associés au processus, afin d’apporter leur éclairage technique et d’aider à construire des solutions juridiquement et économiquement solides.

    En complément, une médiation familiale peut être proposée, lorsque cela s’avère pertinent pour faciliter le dialogue et apaiser les tensions.

    Étape 4 – Création d’options

    C’est le moment de la créativité. Ensemble, en réunion à quatre, les parties et leurs avocats imaginent un maximum d’options possibles, sans limite a priori. Le but : ouvrir le champ des possibles et envisager toutes les solutions envisageables.

    Étape 5 – Élaboration des offres

    En binôme avocat/client, chaque partie trie les options et construit trois offres cohérentes et équilibrées, qui répondent aux besoins des deux parties. Lors de la réunion suivante, les six offres sont présentées. Il est fréquent qu’une convergence apparaisse naturellement. Si ce n’est pas le cas, une septième offre commune sera co-construite en séance.

    Étape 6 – Rédaction de l’accord

    Une fois l’accord trouvé, les avocats rédigent le protocole d’accord. Celui-ci peut, le cas échéant, être homologué par le juge afin de lui conférer force exécutoire.

    Pour quels types de litiges ?

    Le droit collaboratif est particulièrement indiqué dans les situations où les relations humaines doivent être préservées malgré le conflit. Ainsi, il est ainsi fréquemment utilisé pour :

    • les séparations : divorce, rupture de PACS ou de concubinage ;
    • les litiges qui concernent les enfants (résidence, autorité parentale, etc.) ;
    • les successions ou les liquidations de régime matrimonial ;
    • les différends entre associés ou partenaires professionnels.

     

    Pourquoi choisir un avocat formé en droit collaboratif ?

    Faire appel à un avocat en droit collaboratif, c’est bénéficier :

    • d’un accompagnement sécurisé, loyal, respectueux et responsabilisant  ; 
    • d’une approche centrée sur les besoins réels des parties ; 
    • d’un processus encadré, structuré et confidentiel ; 
    • d’une solution durable, souvent mieux respectée que celles imposées par un juge.

     

    Droit collaboratif, médiation ou procédure participative : quelles différences ?

     

    Critères

    Droit collaboratif

    Médiation

    Procédure participative

    Présence des avocats

    Obligatoire

    Facultative

    Obligatoire

    Encadrement juridique

    Contrat de participation

    Convention de médiation

    Convention de procédure participative

    Confidentialité

    Totale et contractuelle

    Totale

    Relative (hors pièces communicables en justice)

    Recours au juge

    Exclu pendant le processus

    Possible à tout moment

    Prévu à l’issue si échec

    Formation spécifique obligatoire des avocats

    Oui

    Non 

    Non

    Obligation de retrait des avocats en cas d’échec

    Oui

    Non

    Non

    Statut du processus

    Mode amiable autonome

    Mode amiable autonome

    Procédure précontentieuse

    Objectif principal

    Accord pérenne et global

    Rétablissement du lien, compromis

    Règlement partiel avec accès facilité au juge (sauf en cas de divorce) ou total 

    Rôle des tiers

    Experts à la demande

    Médiateur neutre

    Aucun tiers requis mais possible

     

    Ces trois approches sont différentes et peuvent être complémentaires. Elles doivent être choisies en fonction de la nature du conflit, des attentes des parties et de leur volonté de coopération.

     

    Combien de temps dure un processus collaboratif ?

    Le nombre de réunions dépend des enjeux en présence, mais il faut généralement compter entre 6 et 8 séances réparties sur 2 à 8 mois. Le processus collaboratif reste, dans la plupart des cas, plus rapide qu’une procédure judiciaire.

     

    Le processus collaboratif est-il plus coûteux qu’une procédure contentieuse ?

    Le coût varie selon la complexité du dossier et le nombre de réunions nécessaires. Il peut être légèrement plus élevé qu’une négociation traditionnelle, car les échanges sont approfondis et mieux préparés. Toutefois, en évitant les procédures judiciaires longues et les contentieux postérieurs à l’accord, le processus collaboratif représente souvent un investissement rentable à long terme.

     

    Quels sont les avantages du droit collaboratif ?

    Avec le droit collaboratif, les personnes restent pleinement actrices de leur processus. Elles conservent la maîtrise des décisions, évitent l’aléa judiciaire et sortent d’une logique de rapport de force. Le processus permet aussi de traiter les causes profondes du conflit, ce qui réduit considérablement les risques de litiges ultérieurs.

    • Temps maîtrisé : le processus dure généralement quelques mois, sans dépendre d’un calendrier judiciaire.
    • Coût encadré : chaque avocat fixe librement ses honoraires, mais les frais sont souvent inférieurs à ceux d’une procédure judiciaire longue.
    • Taux de succès élevé : plus de 85 % des dossiers aboutissent à un accord.
    • Préservation des relations : les échanges respectueux favorisent une meilleure communication, notamment en cas de coparentalité ou de conflit familial.
    • Suspension conventionnelle de la prescription : si les parties le prévoient expressément dans leur contrat de participation, afin de sécuriser les échanges.

    FAQ





    Non. Le contrat de participation au processus collaboratif inclut une clause d’obligation de retrait : en cas d’échec, les avocats qui ont participé aux négociations ne peuvent pas poursuivre leur mission devant le juge. Cela garantit la confidentialité et la liberté de parole pendant les réunions.

    Oui. Bien que la négociation se déroule en dehors du cadre judiciaire, les accords conclus peuvent être homologués par un juge, ce qui leur donne la même valeur qu’un jugement.

    Le processus collaboratif repose sur un cadre contractuel très structuré, une formation spécifique des avocats et des règles éthiques strictes : transparence, loyauté, confidentialité renforcée. Il ne s’agit pas d’une simple discussion entre conseils, mais d’une méthode participative et raisonnée.

    Oui. Des experts extérieurs (notaire, psychologue, comptable, fiscaliste, médiateur, etc.) peuvent intervenir ponctuellement pour éclairer les échanges ou mener des processus parallèles comme pour la médiation. Leur rôle est consultatif et leur présence est validée par les deux parties.

    Oui, à condition que les deux parties aient réellement envie de trouver un accord en dépit de leur différend et qu’elles soient disposées à s’engager de bonne foi. Le processus collaboratif permet d’apaiser les conflits en traitant aussi les dimensions émotionnelles et relationnelles du litige, souvent à l’origine des blocages.

     

    Vous souhaitez explorer le droit collaboratif ? Notre cabinet vous accompagne dans cette démarche avec des avocats formés au processus collaboratif, engagés dans une approche constructive et respectueuse.

    Prenez rendez-vous pour une première consultation et découvrez si le droit collaboratif est adapté à votre situation.

    Non. Le contrat de participation au processus collaboratif inclut une clause d’obligation de retrait : en cas d’échec, les avocats qui ont participé aux négociations ne peuvent pas poursuivre leur mission devant le juge. Cela garantit la confidentialité et la liberté de parole pendant les réunions.

    Oui. Bien que la négociation se déroule en dehors du cadre judiciaire, les accords conclus peuvent être homologués par un juge, ce qui leur donne la même valeur qu’un jugement.

    Le processus collaboratif repose sur un cadre contractuel très structuré, une formation spécifique des avocats et des règles éthiques strictes : transparence, loyauté, confidentialité renforcée. Il ne s’agit pas d’une simple discussion entre conseils, mais d’une méthode participative et raisonnée.

    Oui. Des experts extérieurs (notaire, psychologue, comptable, fiscaliste, médiateur, etc.) peuvent intervenir ponctuellement pour éclairer les échanges ou mener des processus parallèles comme pour la médiation. Leur rôle est consultatif et leur présence est validée par les deux parties.

    Oui, à condition que les deux parties aient réellement envie de trouver un accord en dépit de leur différend et qu’elles soient disposées à s’engager de bonne foi. Le processus collaboratif permet d’apaiser les conflits en traitant aussi les dimensions émotionnelles et relationnelles du litige, souvent à l’origine des blocages.

     

    Vous souhaitez explorer le droit collaboratif ? Notre cabinet vous accompagne dans cette démarche avec des avocats formés au processus collaboratif, engagés dans une approche constructive et respectueuse.

    Prenez rendez-vous pour une première consultation et découvrez si le droit collaboratif est adapté à votre situation.

  • Divorce par consentement mutuel : le guide pratique pour une séparation sereine

    Divorce par consentement mutuel : le guide pratique pour une séparation sereine

    Le divorce par consentement mutuel est communément appelé « divorce amiable ». Contrairement aux procédures conflictuelles devant un tribunal, cette approche permet aux époux de divorcer rapidement et en douceur. Cependant, dans certaines situations, notamment en cas de conflits graves, le divorce judiciaire reste incontournable.

    Découvrons ensemble les spécificités du divorce par consentement mutuel, ses avantages, ses prérequis et les étapes clés de cette procédure désormais contractuelle.

    Qu’est-ce qu’un divorce amiable aujourd’hui ?

    Une procédure simplifiée hors tribunaux

    Depuis janvier 2017, grâce à la loi du 18 novembre 2016, le divorce par consentement mutuel ne nécessite plus l’intervention systématique d’un juge. Il s’agit désormais d’un acte privé, rédigé et signé par les avocats respectifs des époux, puis déposé chez un notaire. Cette démarche se matérialise par une « convention de divorce par consentement mutuel sous signature privée contresignée par avocats », garantissant la validité juridique de l’accord.

    Conditions indispensables pour divorcer à l’amiable

    Un accord total des époux

    Pour choisir cette voie, les conjoints doivent être d’accord non seulement sur le principe du divorce, mais aussi sur l’ensemble des points liés à leur séparation : partage des biens, prestation compensatoire, modalités concernant les enfants (autorité parentale, résidence, contributions financières), ou encore l’usage du nom après le divorce.

    L’obligation d’avoir deux avocats

    Chacun des époux doit impérativement être accompagné par son propre avocat. Cette exigence légale garantit une représentation équitable et la protection des intérêts respectifs.

    Quels sont les bénéfices du DCM pour les époux ?

    Une procédure rapide

    Contrairement au divorce judiciaire, souvent ralenti par des expertises diverses et le calendrier surchargé des tribunaux, le divorce par consentement mutuel peut aboutir en seulement quelques mois. Et même si les pourparlers peuvent durer, il est évident qu’un dossier complexe trouvera une issue plus rapide que s‘il avait été au contentieux. Une fois la convention déposée chez le notaire, aucune procédure supplémentaire n’est nécessaire.

    Des coûts maîtrisés

    Moins de temps passé devant les tribunaux signifie des économies significatives sur les frais juridiques. Par ailleurs, la voie amiable permet souvent d’aboutir à un accord intelligent avec une optimisation du partage des biens et des frais qui vont avec. Un accord négocié et équilibré a de fortes chances de durer dans le temps, ce qui  évite des litiges coûteux après le divorce.

    Une séparation moins stressante

    Le divorce amiable réduit considérablement la charge émotionnelle et le stress liés à un conflit judiciaire prolongé. En effet, le coût moral d’un divorce judiciaire peut être important et épuisant. 

    Lorsque les époux ont des enfants, la voie amiable est particulièrement bénéfique, afin de préserver la relation entre eux dans l’intérêt des enfants.

    Le contrôle total des accords

    En divorçant par consentement mutuel, les époux sont les principaux acteurs des décisions prises. Avec l’accompagnement de leurs avocats, ils définissent eux-mêmes les termes de leur séparation, garantissant des accords justes et durables. Ceci est par ailleurs beaucoup plus satisfaisant qu’en décision imposée.

    Le rôle clé des avocats dans le divorce amiable

    Les avocats occupent une place centrale tout au long de la procédure, allant au-delà de simples formalités.

    Conseils et négociation

    Chaque avocat défend les intérêts de son client tout en favorisant le dialogue et les pourparlers entre les parties. Pour cela, ils utilisent souvent des méthodes telles que la négociation raisonnée ou le droit collaboratif. Ils peuvent également recourir à des médiateurs familiaux pour faciliter le dialogue et dépasser des points de blocage.

    Rédaction précise de la convention de divorce

    Les avocats rédigent un document clair et détaillé, prévenant ainsi tout risque de conflit futur. Ils s’occupent de la liquidation du régime matrimonial mais s’il y a des biens immobiliers, alors il faudra obligatoirement faire appel à un notaire. Il établira alors un état liquidatif qui sera annexé à la convention de divorce.

    Protection du consentement

    L’avocat veille à ce que son client donne un consentement éclairé et libre de toute pression, essentiel pour valider légalement la convention de divorce.

    Gestion administrative et juridique

    Les avocats prennent en charge l’ensemble des démarches administratives post-divorce, comme le dépôt de la convention chez le notaire et les formalités auprès des services d’état civil.

    Les étapes concrètes du divorce par consentement mutuel

    1. Consultation individuelle d’un avocat : chaque époux choisit et consulte son avocat personnellement.
    2. Phase de négociation : les avocats s’assurent que les conjoints souhaitent bien divorcer à l’amiable, puis rédigent la convention après avoir trouvé un accord sur tous les points nécessaires.
    3. Délai légal de réflexion : après réception de la convention, un délai obligatoire de 15 jours est observé, permettant à chacun de reconsidérer sa décision.
    4. Signature conjointe : une réunion est organisée en présence des deux époux et de leurs avocats respectifs pour signer officiellement la convention.
    5. Dépôt chez le notaire : la convention signée est déposée chez le notaire, qui vérifie sa conformité formelle et lui confère force exécutoire.
    6. Formalités administratives finales : transcription sur les actes d’état civil et actualisation des documents administratifs (livret de famille, pièce d’identité, actes hypothécaires).

     

    Le divorce par consentement mutuel représente une voie efficace, rapide et sereine pour les couples en mesure de dialoguer. Encore faut-il que la procédure soit rigoureusement sécurisée sur les plans juridique, patrimonial et familial.

    Le cabinet Soa accompagne ses clients à chaque étape du divorce amiable, avec une approche à la fois technique et humaine, afin de garantir un accord équilibré et juridiquement fiable.

    Dans cette logique d’accompagnement global, le cabinet propose également à ses clients l’accès au dispositif N Care, conçu pour soutenir les personnes qui traversent une séparation. Cet accompagnement complémentaire permet d’aborder le divorce dans toutes ses dimensions, au-delà du seul cadre juridique.

  • Droit de la famille et amiable : une histoire de bon sens

    Droit de la famille et amiable : une histoire de bon sens

    C’est en droit de la famille que les modes amiables se sont le plus développés, encouragés d’ailleurs par les juges et les pouvoirs publics. C’est en effet du bon sens de chercher à travailler l’amiable dans le domaine de la famille. Les procédures judiciaires sont rarement une partie de plaisir quand elles ne sont pas d’une rare violence : délais extrêmement longs, peu de temps accordé aux justiciables, décisions rarement ou peu motivées, etc. Le juge « tranche » le litige, mais sa décision ne résout pas nécessairement la situation. L’amiable ne cherche qu’une et unique chose : trouver la solution juridique à une situation humaine douloureuse.

    Le développement de l’amiable en droit de la famille

    Le constat

    Le traitement judiciaire des affaires familiales n’est pas satisfaisant, tant dans la gestion du conflit – qui bien souvent perdure et s’enkyste -, que par le volume d’affaires qu’il génère et des moyens qu’il nécessite.

    Avoir une décision judiciaire règle des questions juridiques et pose un cadre mais ne résout en rien le conflit. Lui, il perdure et se cristallise généralement sur les enfants. Les parents séparés pour lesquels le conflit n’est pas réglé se retrouvent alors avec une sorte « d’abonnement judiciaire » : régulièrement ils retournent chez le juge pour réviser une pension alimentaire, modifier la résidence des enfants, etc.

    Le fait est que le droit de la famille c’est d’abord une situation familiale de crise sur laquelle on plaque du droit. Croire qu’en faisant du droit ou en posant des solutions toutes faites à l’emporte-pièce sur un problème familial sans s’intéresser à la situation familiale, aux raisons de la crise, on va résoudre le problème, c’est se tromper totalement.

    Le droit de la famille est de l’humain avant d’être du droit. Si on veut faire du droit sans s’intéresser à l’humain, on s’est trompé de matière. Au cabinet, nous en sommes persuadées.

    Les professionnels du droit de la famille, notamment les avocats, ne sont pas pour autant des psychologues. Mais leur matière exige d’eux qu’ils prennent en compte la dimension humaine et émotionnelle avant d’ouvrir le code civil. C’est pourquoi, un avocat en droit de la famille doit avoir un degré d’écoute et d’attention sincère porté à son client et à ses problématiques. Tout passe par l’écoute pour s’intéresser et comprendre à la fois la situation familiale dans son ensemble et ce qui est vraiment important pour son client. On ne peut pas bien conseiller son client sans une compréhension générale de la situation et de ses enjeux.

    C’est pour cette raison qu’il a fallu développer d’autres outils pour aborder les situations familiales autrement et de manière plus satisfaisante.

    Le développement des modes amiables (MARD)

    C’est à la fin des années 1990 et au début des années 2000 que la médiation familiale se développe en France et qu’un diplôme d’état de médiateur familial voit le jour. Les débuts sont laborieux et on ne peut pas dire que les résultats sont au rendez-vous. Dans la foulée, arrive en France le processus collaboratif (aussi appelé droit collaboratif) qui commence à se développer, les avocats se formant à ce mode amiable qu’ils peuvent eux-mêmes mener de bout en bout.

    Mais il y a de la résistance face à ces « nouveaux » modes amiables. Et l’avocat en droit de la famille, s’il sait qu’il y a sûrement quelque chose à creuser dans cette voie, n’est pas tout à fait prêt à lâcher le prétoire et la robe pour se mettre autour d’une table et négocier.

    C’est dans ce cadre que la procédure participative voit le jour, sorte de compromis entre le côté procédural rassurant et l’innovation des modes amiables.

    Le changement de posture demande du temps, mais cette nouvelle vague de l’amiable, de la négociation et du « collaboratif » se développe aussi dans la société et les entreprises.

    Aujourd’hui, il est devenu culturel et ancré dans les pratiques des avocats en droit de la famille. Les avocats se sont formés et continuent de le faire pour être à même de mener des négociations ou un processus collaboratif, assister leur client en médiation, etc.

    A lire : Procédure amiable et avocat : est-ce compatible ?

    De l’amiable à une justice privative ?

    L’amiable ou comment redonner une place au justiciable

    Dans les processus amiables, quels qu’ils soient, le justiciable redevient acteur, du moins s’il le souhaite. Il ne s’efface que s’il en a envie et que c’est plus confortable pour lui. S’il veut redevenir acteur dans le processus amiable, il le pourra. C’est le rôle de l’avocat de le conseiller sur ce point, notamment en adoptant une attitude positive et constructive.

    L’idée n’est pas de profiter du processus amiable pour avoir une scène et régler ses comptes avec l’autre partie. L’idée est de coconstruire un accord sur-mesure et durable.

    Pour y arriver, l’engagement du justiciable est primordial, qu’il souhaite laisser son avocat en première ligne ou non. Car rien n’est possible si chaque partie ne joue pas le jeu, ne s’investit pas sincèrement dans le processus. Arriver à un accord pour se donner bonne conscience n’est pas un bon accord. Lorsque l’on pratique l’amiable en droit de la famille, il est essentiel de s’impliquer et de se donner les moyens de trouver une solution véritablement pérenne et acceptable. C’est vrai dans toute négociation et particulièrement pour le processus collaboratif et la médiation familiale.

    Ce rôle très actif du justiciable dans la procédure amiable en droit de la famille lui permet, en étant l’architecte de l’accord final, d’y trouver de la satisfaction. A l’inverse, l’insatisfaction est courante dans la procédure contentieuse : la décision du juge peut, au mieux, convenir à une des parties, et au pire, déplaire aux deux. D’où un conflit qui s’enkyste et des procédures qui s’enchaînent. Un accord amiable sera mieux accepté et donc mieux respecté. Plus durable aussi.

    Par ailleurs, le fait d’avoir réussi à trouver un consensus, évite d’abîmer la relation plus qu’elle n’est déjà – ce qui malheureusement toujours le cas en contentieux. La relation est préservée, parfois même une nouvelle communication est possible, ce qui est particulièrement important pour les parents qui ont des décisions à prendre ensemble pour les enfants durant de nombreuses années.

    Même le patrimoine est préservé car, au lieu de dissoudre la construction patrimoniale de la famille et de perdre l’argent qu’on y a investi, on peut trouver des solutions intelligentes et satisfaisantes.

    Le droit de la famille amiable : le risque d’une justice à 2 vitesses ?

    Si les avantages de l’amiable en droit de la famille sont nombreux, on peut se demander si favoriser l’amiable ne revient pas à favoriser une sorte de justice privative. Plus de juge, mais la loi des parties. Plus de tribunaux, mais des avocats, dont chaque partie paie les honoraires, qui négocient et rédigent les accords. Donc chaque justiciable paie sa justice en fonction de ses besoins au lieu que ce soit l’État qui prenne en charge la justice.

    Cela peut être une dérive qu’il faut éviter en s’assurant que chaque justiciable ait un accès équivalent à la justice et qu’il peut s’offrir les services d’un avocat que ce soit pour trouver un accord ou saisir un juge grâce à l’aide juridictionnelle.

  • Rentrée scolaire : frais partagés et bonnes pratiques pour parents séparés

    Rentrée scolaire : frais partagés et bonnes pratiques pour parents séparés

    En résumé

    • Les deux parents restent tenus de contribuer à l’entretien et à l’éducation de leur enfant (article 371-2 du Code civil).
    • Les frais de rentrée peuvent être inclus dans la pension alimentaire ou faire l’objet d’une répartition spécifique.
    • En résidence alternée, les dépenses se partagent souvent à parts égales ou au prorata des revenus.
    • Il est recommandé d’écrire les accords, de conserver les justificatifs et d’utiliser des outils de partage des dépenses.

     

    La rentrée scolaire constitue chaque année un moment clé pour les familles… et parfois une source de tensions pour les parents séparés. Entre fournitures, inscriptions, vêtements ou activités extrascolaires, la question de la répartition des frais peut rapidement devenir sensible.

    Pourtant, le cadre juridique est clair : la séparation des parents ne met pas fin à leur obligation commune de contribuer à l’entretien et à l’éducation de l’enfant. Encore faut-il déterminer concrètement comment organiser cette contribution au moment de la rentrée.

    Quelles dépenses sont concernées ? Faut-il les intégrer dans la pension alimentaire ? Comment procéder en résidence alternée ? Et quelles bonnes pratiques permettent d’éviter les conflits ?

    Le cabinet Soa fait le point sur les règles applicables et les solutions concrètes pour aborder sereinement les frais de rentrée lorsque l’on est parent séparé.

     

    Le principe juridique : une obligation parentale partagée

    L’article 371-2 du Code civil pose un principe clair :

    « Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant. »

    Cette règle s’applique quelle que soit la situation familiale (séparation, divorce, résidence alternée). En pratique, la contribution peut prendre la forme :

    • d’une pension alimentaire ;
    • d’une répartition directe de certaines dépenses (notamment scolaires ou extrascolaires).

     

    Les quatre méthodes possibles de répartition des frais

    Inclusion dans la pension alimentaire

    Le parent débiteur verse une pension mensuelle couvrant l’ensemble des frais ordinaires, y compris ceux de la rentrée (fournitures, inscriptions, vêtements…).

    📌 Avantage : simplicité et prévisibilité.
    ⚠️ Limite : ne tient pas toujours compte des variations de coût selon les années.

    Exemple : Sophie verse 400 € par mois à Marc pour leur fille Léa. Marc utilise cette somme, complétée par sa contribution propre, pour financer la rentrée.

    Répartition spécifique

    Certains parents conviennent d’un partage distinct des frais de rentrée, en complément de la pension.

    Exemple : Thomas et Céline partagent les frais de rentrée à hauteur de 60 %/40 %, selon leurs revenus respectifs.

    📌 Avantage : souplesse et équité.
    ⚠️ Limite : nécessite une bonne communication et des justificatifs.

    Résidence alternée

    En cas de garde alternée, les parents peuvent partager à parts égales ou au prorata des revenus les dépenses scolaires et extrascolaires.

    Exemple : Julie et Nicolas ont choisi un partage 50/50 pour les frais d’inscription et de fournitures de leur fille Emma.

    📌 Avantage : simplicité si les revenus sont proches.
    ⚠️ Limite : peut être inéquitable si les ressources diffèrent sensiblement.

    Répartition mixte

    Une solution hybride combinant pension et partage ponctuel.

    Exemple : Antoine verse une pension mensuelle à Laura. En complément, ils partagent les frais de rentrée à 70 %/30 %, selon leurs moyens, et alternent l’achat des fournitures chaque année.

    📌 Avantage : adaptabilité.
    ⚠️ Limite : à formaliser par écrit pour éviter les litiges.

    🧭 Conseil du cabinet Soa : toute répartition doit être clairement définie, idéalement dans la convention parentale ou par accord écrit (mails, tableau partagé, etc.).

     

    Gérer efficacement les dépenses de rentrée

    • Lister toutes les dépenses (fournitures, vêtements, activités, matériel sportif, transport…).
    • Conserver les justificatifs d’achat (factures, tickets, reçus).
    • Utiliser une application de partage de dépenses pour assurer la transparence.
    • Anticiper les inscriptions aux activités extrascolaires et convenir du partage avant paiement.

    💡 Question pratique : Votre méthode actuelle prend-elle en compte les frais réguliers et les dépenses exceptionnelles ?

    Les aides financières disponibles 

    Allocation de rentrée scolaire (ARS)

    Sous conditions de ressources, pour les enfants scolarisés de 6 à 18 ans (tarifs 2025) :

    • 423,48 € (6–10 ans)
    • 446,85 € (11–14 ans)
    • 462,33 € (15–18 ans)

    Plus d’infos : service-public.fr

    Pass’Sport

    Aide de 50 € pour financer une inscription dans un club ou une salle de sport affiliée (enfants/jeunes de 6 à 30 ans).
    👉 pass.sports.gouv.fr

    D’autres dispositifs existent selon les régions, départements ou établissements scolaires.

     

    Communiquer efficacement sur les questions financières

    • Planifier une discussion en amont des inscriptions et dépenses.
    • Rester factuel.le et centré.e sur les besoins de l’enfant.
    • Être transparent.e sur les revenus et contraintes.
    • Mettre par écrit les accords pour éviter tout malentendu.

    💬 Le cabinet Soa accompagne les parents séparés dans la négociation et la formalisation d’accords équilibrés, favorisant le dialogue et la sécurité juridique.

     

    En cas de désaccord ou de changement de situation

    Si la situation financière évolue (perte d’emploi, baisse ou hausse de revenus), il est possible de demander une révision de la pension alimentaire ou de la convention parentale auprès du juge aux affaires familiales (JAF).

    ⚖️ Le juge apprécie la répartition des frais selon les ressources actuelles de chaque parent et l’intérêt de l’enfant.

     

    La gestion des frais de rentrée constitue souvent un test grandeur nature de la coopération entre parents séparés. Lorsque les règles sont claires, anticipées et formalisées, ces dépenses s’intègrent généralement sans difficulté dans l’organisation parentale.

    À l’inverse, les imprécisions ou les accords purement verbaux peuvent rapidement générer des incompréhensions, voire des tensions durables. D’où l’importance d’adopter une méthode de répartition cohérente avec la situation familiale et financière de chacun.

    En cas de doute, de désaccord persistant ou d’évolution de situation, un accompagnement juridique permet de sécuriser les modalités de contribution et de préserver l’intérêt de l’enfant.

    Le cabinet Soa accompagne les parents séparés à chaque étape : analyse de la situation, ajustement de la pension alimentaire, rédaction ou modification de la convention parentale et, si nécessaire, représentation devant le juge aux affaires familiales.

     

    FAQ

    Les frais de rentrée sont-ils inclus dans la pension alimentaire ?

    Oui, sauf si les parents ont prévu une répartition spécifique.

     

    Peut-on adapter la répartition d’une année sur l’autre ?

    Oui, à condition d’un accord mutuel ou d’une modification judiciaire si le désaccord persiste.

     

    Les aides (ARS, Pass’Sport) doivent-elles être partagées ?

    Elles bénéficient en principe à l’enfant ; leur usage doit donc être cohérent avec les dépenses communes.

     

    Que faire si l’autre parent refuse de contribuer ?

    Une mise en demeure ou une saisine du JAF peut être envisagée avec l’aide d’un avocat.

  • Rupture de PACS : pourquoi faire appel à un avocat ?

    Rupture de PACS : pourquoi faire appel à un avocat ?

    Pourquoi faire appel à un avocat pour votre rupture de PACS ? 

    Rompre un PACS n’est pas toujours aussi simple qu’il y paraît.

    Si le PACS (Pacte Civil de Solidarité) n’est pas un mariage, sa rupture peut s’avérer plus complexe qu’un divorce. Sans nécessairement se perdre dans les méandres d’un conflit sans fin, mettre un terme à un PACS peut être compliqué. C’est en effet la fin de la vie commune qu’il faut organiser : les biens indivis ou encore la résidence des enfants font alors l’objet de discussions et en cas de désaccord, ces questions font l’objet de deux procédures judiciaires distinctes. Faire appel à un avocat peut vous aider à anticiper ces enjeux et à sécuriser chaque étape de la rupture.

     

    Que se passe-t-il en cas de rupture de PACS ?

    Le PACS est un contrat conclu entre deux personnes majeures, de même sexe ou de sexe différent, afin d’organiser leur vie commune.

    Sa rupture, appelée également dissolution du PACS, peut être demandée unilatéralement par l’un des partenaires ou conjointement par les deux.

    Les démarches de rupture sont, en apparence, simples. Pourtant, elles ne suffisent pas toujours à régler toutes les conséquences juridiques de la fin de la vie commune, notamment en présence d’enfants ou lorsqu’un patrimoine indivis est en jeu.

     

    Quelles démarches pour dissoudre un PACS ?

     

    Rupture conjointe du PACS

    Lorsque les deux partenaires sont d’accord pour mettre fin au PACS, ils doivent compléter une déclaration conjointe de dissolution, via le formulaire Cerfa n°15789*03.

    Ce document doit être adressé en recommandé avec accusé de réception à l’autorité compétente qui a enregistré le PACS (mairie, notaire, consulat, etc.).

     

    Rupture unilatérale du PACS

    Si la rupture est demandée par un seul des partenaires, il devra s’adresser à un commissaire de justice qui signifiera la décision à l’autre partenaire et en informera l’autorité à l’origine de l’enregistrement PACS.

     

    Que devient le logement après une rupture de PACS ?

    Lorsqu’un couple pacsé se sépare, le sort du logement commun fait partie des questions les plus sensibles, tant d’un point de vue pratique que juridique. Qu’il s’agisse d’un logement loué ou acheté ensemble n, il est essentiel de clarifier qui reste, qui part, et dans quelles conditions.

     

    En cas de logement en location

    Lorsque les deux partenaires sont cotitulaires du bail, ils ont les mêmes droits et peuvent convenir ensemble de qui conserve le logement. Si aucun accord n’est trouvé, il faudra envisager une résiliation ou un départ volontaire de l’un des deux.

    En revanche, si seul partenaire est titulaire du bail, l’autre doit organiser son départ et n’a pas le droit de rester dans les lieux sauf accord du bailleur.

    Attention à la clause de solidarité : en cas de cotitularité du bail, les deux partenaires peuvent rester tenus de payer les loyers, même après la séparation, tant que le bail n’est pas modifié ou résilié.

    Un avocat qui pratique régulièrement la rupture de PACS peut vous aider à sécuriser cet aspect et à éviter tout litige futur avec le propriétaire ou entre partenaires.

     

    En cas de logement en propriété

    Lorsqu’un seul partenaire est propriétaire, il est libre de rester, mais quand les deux sont propriétaires en indivision, il faudra alors envisager :

    • une vente du bien ; 
    • un rachat des parts de l’autre par l’un des partenaires ; 
    • ou un maintien temporaire en indivision, par le biais d’une convention d’indivision, par exemple si le logement est occupé par un des parents avec les enfants.

    L’intervention d’un notaire est alors nécessaire pour établir un état liquidatif. En parallèle, un avocat pourra accompagner les négociations et vous représenter si un désaccord survient.

     

    Rupture de PACS et partage des biens : que faut-il savoir ?

    La rupture du PACS met fin aux droits et obligations entre partenaires, mais ne règle pas automatiquement les questions patrimoniales.

    Tout dépend alors du régime choisi lors de la conclusion du contrat : 

    • En séparation de biens, chaque partenaire reste propriétaire de ses biens personnels. Seuls les biens acquis ensemble sont réputés indivis.
    • En indivision, tous les biens acquis pendant le PACS sont présumés appartenir à parts égales aux deux partenaires, sauf preuve contraire.

     

    En pratique, cela peut engendrer des litiges complexes : preuve de propriété, financement inégal, remboursement de crédits, gestion des meubles ou des véhicules communs, etc.

     

    En cas de désaccord : saisir le juge ou négocier ?

    Lorsque les partenaires ne parviennent pas à s’entendre sur le partage de leurs biens ou sur les modalités relatives aux enfants, plusieurs options s’offrent à eux : 

    • faire appel aux services d’un avocat et entamer des pourparlers via une négociation ou une médiation afin d’aboutir à un accord global, équilibré et durable ;  
    • saisir la justice : le juge aux affaires familiales pour les questions liées aux enfants (résidence, résidence alternée, droit de visite, pension alimentaire, etc.), et le tribunal judiciaire pour les litiges patrimoniaux (partage de biens, remboursement de créances, indivision, etc.).

     

    Pourquoi faire appel à un avocat en cas de rupture de PACS ?

    La rupture du PACS peut, en théorie, s’effectuer sans avocat. En effet, la procédure devant le JAF concernant les enfants n’impose pas le recours à un avocat même si le recours à un professionnel est vivement conseillé. Toutefois, l’avocat est obligatoire pour saisir le tribunal judiciaire en cas de litige patrimonial (partage des biens, remboursement de créances, etc.)

    L’avocat en droit de la famille vous accompagne pour :

    • anticiper les conflits liés aux biens ou aux modalités relatives  aux enfants ;
    • assurer la protection de vos droits, notamment en cas de déséquilibre financier entre partenaires ;
    • proposer des solutions amiables, via la négociation, la médiation  ou tout autre mode amiable;
    • formaliser des accords solides (convention parentale qui fixe les modalités liées aux enfants, acte liquidatif du patrimoine (nécessairement notarié en présence d’un bien immobilier).

     

    En cas de désaccord persistant, l’avocat vous représente (de façon obligatoire ou facultative selon les cas) dans le cadre des procédures judiciaires nécessaires.

     

    Rupture de PACS : que se passe-t-il en cas de décès ou de mariage ?

    La rupture du PACS prend également effet en cas de décès de l’un des partenaires ou en cas de mariage de l’un d’eux, qui met fin automatiquement au contrat.

    Dans ces situations aussi, l’assistance d’un avocat peut être utile pour assurer la gestion des biens, des dettes ou des droits successoraux.

    Si vous êtes confronté à une rupture de PACS, pensez à vous faire accompagner.
    Les démarches peuvent sembler simples, mais les enjeux humains, financiers et juridiques ne le sont jamais. Un avocat expérimenté vous aidera à préserver vos intérêts, à prévenir les conflits et à trouver des solutions durables.

    Vous envisagez de rompre votre PACS ?


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  • Divorce par consentement mutuel ou divorce judiciaire : comment choisir ?

    Divorce par consentement mutuel ou divorce judiciaire : comment choisir ?

    Vous envisagez un divorce mais vous vous sentez perdu.e face aux différentes options possibles ? Divorce à l’amiable ou procédure devant un juge, chaque voie présente ses particularités. Afin de vous aider à faire le bon choix, le cabinet Soa décrypte pour vous les principales différences entre ces deux procédures.

    Deux procédures distinctes : quelles sont les différences fondamentales ?

    Lorsque vient le moment de divorcer, deux principales procédures s’offrent à vous : le divorce par consentement mutuel (dit divorce amiable) et le divorce judiciaire (dit divorce contentieux). Chaque procédure implique des intervenants différents et répond à des contextes spécifiques.

    Divorce amiable : une procédure simplifiée et rapide

    Le divorce amiable, ou divorce par consentement mutuel contractuel, est choisi lorsque les deux époux s’accordent pleinement et totalement sur les modalités de leur séparation. 

    Modernisée en 2016, cette procédure ne nécessite généralement pas l’intervention d’un juge, sauf exception.

    Les intervenants :

    • Les avocats : Chaque époux doit obligatoirement être représenté par son propre avocat. Ces derniers aident à trouver un accord et, une fois qu’il est trouvé, rédigent conjointement une convention de divorce qui fixe les modalités du divorce : résidence des enfants, périodes d’hébergement, contribution pour les enfants, répartition des biens (hors biens immobiliers), prestation compensatoire, etc.

    • Le notaire : Son rôle est indispensable. Il authentifie la convention de divorce en la déposant au rang de ses minutes, garantissant ainsi sa validité juridique et sa force exécutoire. En présence de biens immobiliers, le notaire rédige également l’acte liquidatif précisant la répartition du patrimoine.

    Exception : Si un enfant mineur demande à être entendu par le juge, la procédure devient judiciaire afin d’homologuer la convention.

    Divorce judiciaire : un cadre structuré en cas de désaccord

    Le divorce judiciaire est la voie à adopter lorsque les époux ne parviennent pas à trouver un accord global. Ce cadre contentieux permet à un juge aux affaires familiales (JAF) de trancher les points de désaccord.

    Trois types de divorce judiciaire :

    • Divorce pour faute
    • Divorce accepté (accord sur le principe de la rupture)
    • Divorce pour altération définitive du lien conjugal (un an de séparation)

    Les intervenants :

    • Le juge (JAF) : organise et dirige la procédure.
    • Les avocats : représentent et défendent les intérêts des époux.
    • Le commissaire de justice : délivre les actes de procédure (assignation, décisions judiciaires).
    • Les experts : notaires, psy, enquêteurs sociaux, etc. interviennent pour éclairer le juge si cela est nécessaire.

    2. Quels délais prévoir selon la procédure choisie ?

    Les délais varient considérablement selon la procédure envisagée et votre situation personnelle.

    Divorce amiable : quelques mois seulement

    Le divorce par consentement mutuel est relativement rapide, en particulier lorsque le patrimoine est simple et que les époux sont d’accord sur tout :

    • Négociations entre avocats
    • Rédaction de la convention
    • Délai légal de réflexion de 15 jours
    • Dépôt chez le notaire (1 à 2 semaines)

    Attention : La présence de biens immobiliers peut rallonger la procédure de plusieurs mois.

    Divorce judiciaire : une durée significativement plus longue

    Le divorce judiciaire dure en moyenne de 18 à 30 mois, voire plus en fonction des juridictions et de la complexité du dossier et si un appel est formé. La procédure suit un cheminement précis :

    • Assignation en divorce
    • Audience d’orientation et sur mesures provisoires (AOMP)
    • Phase de mise en état (échanges d’arguments entre avocats) et éventuellement expertises
    • Audience de plaidoirie
    • Jugement définitif
    • Liquidation et partage des biens

    Comment savoir si un divorce amiable ou judiciaire vous correspond ?

    Le choix de la procédure dépend principalement de la qualité du dialogue entre vous et votre conjoint et de votre capacité à vous accorder sur toutes les conséquences du divorce.

    Divorce amiable : une entente complète indispensable

    Ce divorce exige un accord total sur chaque aspect : organisation de la vie familiale, questions financières, partage des biens. Le moindre désaccord rend cette procédure impossible. Mais attention, vous n’êtes pas seul.e! Votre avocat, surtout s’il est formé aux techniques de négociations et/ou à un MARD va vous aider à mener à bien la négociation. le seul présupposé de départ obligatoire: que chaque époux ait vraiment envie de trouver un accord et fasse preuve d’un vrai engagement. Ça n’est pas grave si au départ l’accord semble bien loin.

    Divorce judiciaire : lorsque l’accord est impossible à atteindre

    Le divorce judiciaire intervient lorsque le dialogue est rompu ou limité, notamment en cas de conflits persistants sur les modalités de séparation ou le principe même du divorce ou que les points de désaccords sont trop nombreux. Parfois aussi, pour certaines personnes, il est impossible de décider et elles ont besoin que quelqu’un le fasse pour elles. Le recours au juge est alors inéluctable. Lorsque le besoin de protection est urgent et primordial, le recours au juge est aussi la voie à privilégier.

    Astuce du cabinet Soa : 

    Ne présumez pas du conflit : certaines situations complexes se résolvent progressivement, avec l’aide des avocats ou via la médiation.

    Gestion des émotions et médiation : des aspects à ne pas négliger

    Quelle que soit la procédure choisie, l’impact émotionnel d’un divorce est important et doit être pris en compte.

    Divorce amiable : favoriser une séparation apaisée

    En préservant le dialogue, cette procédure minimise les tensions, notamment au bénéfice des enfants, qui ressentent fortement les conflits.

    Divorce judiciaire : gérer et encadrer les tensions

    Même si elle exacerbe parfois les émotions, cette procédure offre un cadre protecteur et structuré lorsque la communication est difficile ou impossible.

    Le rôle clé de la médiation familiale

    La médiation peut être utile dans les deux types de procédure, en facilitant ou restaurant le dialogue et en abordant des sujets parfois négligés (relations familiales futures, organisation pratique).

    Conseil du cabinet Soa : 

    N’hésitez pas à solliciter un accompagnement psychologique en parallèle pour mieux vivre cette période délicate.

    Conclusion : faites-vous accompagner pour faire le meilleur choix

    Chaque divorce est unique. Pour déterminer la procédure qui vous convient, il est essentiel d’être accompagné par un avocat expérimenté. Ce dernier analysera précisément votre situation afin de vous orienter vers la solution la plus adaptée à vos besoins et à vos attentes.

    Au cabinet Soa, nous vous aidons à traverser cette étape en toute sérénité, en protégeant au mieux vos intérêts et ceux de vos enfants.

    Dans une logique d’accompagnement global, le cabinet Soa met également à la disposition de ses clients le dispositif N Care. Ce service complémentaire vise à soutenir les personnes confrontées à une séparation, en prenant en compte les dimensions humaines qui entourent souvent les procédures familiales.

  • Le rôle de l’avocat dans un divorce amiable

    Le rôle de l’avocat dans un divorce amiable

    Depuis la loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du 21e siècle, la procédure de divorce par consentement mutuel, ou divorce amiable, est simplifiée. Plus rapide, elle permet de rédiger sa propre convention de divorce et d’éviter de faire intervenir un juge, sauf dans certains cas : c’est en effet chez le notaire que la convention doit être déposée. Toutefois, chacun des époux doit avoir son propre avocat.

    Article 229-1 du Code civil

    Création LOI n°2016-1547 du 18 novembre 2016 – art. 50

    Lorsque les époux s’entendent sur la rupture du mariage et ses effets, ils constatent, assistés chacun par un avocat, leur accord dans une convention prenant la forme d’un acte sous signature privée contresigné par leurs avocats et établi dans les conditions prévues à l’article 1374.

    Cette convention est déposée au rang des minutes d’un notaire, qui contrôle le respect des exigences formelles prévues aux 1° à 6° de l’article 229-3. Il s’assure également que le projet de convention n’a pas été signé avant l’expiration du délai de réflexion prévu à l’article 229-4.

    Ce dépôt donne ses effets à la convention en lui conférant date certaine et force exécutoire.

    Un divorce par consentement mutuel se conclue, par définition, à l’amiable entre les deux époux. Le législateur a souhaité accélérer et alléger la procédure. Le divorce prend alors la forme d’un acte sous signature privée contresigné par les avocats qui n’est plus soumis à l’homologation d’un juge, à moins qu’un enfant du couple demande une audition (ce qui est rare). Toutefois, avant de déposer une convention chez le notaire, l’avocat a un rôle essentiel à jouer.

    Conseiller, négocier même dans un divorce amiable

    Un divorce amiable n’est pas nécessairement synonyme d’accord parfait entre les deux futurs ex-époux. Il est très courant de souhaiter divorcer « en douceur », de trouver un compromis, mais être confronté à des points d’achoppements et des désaccords importants. L’avocat en droit de la famille vous accompagne et vous conseille au mieux de vos intérêts. Les deux avocats peuvent mener des négociations pour trouver une résolution aux conflits qui restent ouverts. Les modes amiables – médiation, droit collaboratif, etc. – sont des moyens utiles et efficaces pour trouver les meilleurs accords sur toutes les conséquences matérielles et pratiques d’un divorce : liquidation du régime matrimonial, prestation compensatoire éventuelle, autorité parentale, résidence des enfants, pension alimentaire… Pour être pérenne, la convention de divorce doit reprendre tous ces points et être véritablement l’expression de la volonté de chacun des ex-époux.

    Divorce par consentement mutuel : garantir le consentement

    L’avocat est un garant du consentement. Même à l’amiable, divorcer est rarement une situation facile et on peut avoir envie « d’en finir vite » quitte à accepter des solutions qui ne nous conviennent pas réellement. Par ailleurs, les intérêts des deux parties peuvent être très contradictoires ou les intentions de l’un s’avérer moins amiable qu’on ne le pensait. L’avocat s’assure qu’une partie ne lèse pas l’autre, que le consentement est véritablement éclairé et libre de toute pression. Votre convention de divorce ne doit pas vous réserver de mauvaise surprise !

    Les avocats contresignent l’acte lui donnant ainsi une force probante renforcée.

    A lire : Un divorce à l’amiable : ça se passe comment ?

    La convention de divorce amiable

    Le travail de rédaction revient à vos avocats. Ils peaufineront votre convention, effectueront les ajustements, les modifications jusqu’à ce que vous obteniez le divorce qui vous convient et qui vous permettra d’ouvrir un nouveau chapitre de votre vie. Cette convention répond à des exigences formelles que le notaire devra ensuite contrôler.

    Une fois rédigée, votre avocat vous fera parvenir la convention par courrier recommandé AR. La loi vous oblige à un temps de réflexion d’une quinzaine de jours avant de la signer.

    Divorce amiable : votre avocat à vos côtés

    Quel que soit le degré d’accord entre les futurs ex-époux, la mise en œuvre d’une convention de divorce oblige à se pencher sur de nombreuses questions épineuses. Qu’il s’agisse d’un divorce amiable ou contentieux, le rôle de l’avocat est d’être à vos côtés pour vous conseiller au mieux de vos intérêts et de votre demande.

     

     

     

  • Nom du père, nom de la mère ou le double nom : que dit la loi ?

    Nom du père, nom de la mère ou le double nom : que dit la loi ?

    NDLR : article écrit avant la loi du 2 mars 2022.

    Le collectif « Porte mon nom » a déposé début juin 2021 une proposition de décret au garde des sceaux demandant l’automatisation du double nom de famille à la naissance. Une pétition est en ligne, la demande est soutenue par un député et a été largement relayée par les médias. Pourquoi une telle demande ? Que dit la loi et pourquoi aurait-elle besoin d’être modifiée ? On fait le point sur la question.

    Traditionnellement, c’était le nom du père qui était transmis aux enfants. Ne parlait-on pas d’ailleurs de « patronyme » (terme qui a disparu de la loi en 2002) ?… La tradition veut également que, lors d’un mariage, l’épouse adopte le nom de son mari à titre d’usage (alors que le mari peut également porter le nom de son épouse à titre d’usage). Les traditions ont la vie dure et celles-ci ne dérogent pas à la règle : en France, 8 enfants sur 10 portent le seul nom de leur père. La loi pourtant offre d’autres options…

    Depuis 2002, le nom de famille est un questionnaire à choix multiple

    La loi du 4 mars 2002 a donc évincé l’expression « nom patronymique » pour lui préférer la formule « nom de famille ». Elle a également ouvert les possibilités permettant aux parents d’opter, à la naissance du premier enfant, pour le nom du père, le nom de la mère ou pour les deux noms accolés, dans l’ordre de leur choix. Cette décision fixe le nom de famille : les enfants à venir de la même union devront porter le même nom. En cas de désaccord, c’était le nom du père qui prévalait ; depuis la loi Taubira du 17 mai 2013, les deux noms sont accolés dans l’ordre alphabétique.

    Mais dans les faits, le double-nom est encore rare : cela concerne moins de 15% des enfants nés en 2019, et c’est le nom du père qui est encore très majoritairement transmis, seul. Manque d’information pour les uns, non remise en question d’une tradition multiséculaire pour les autres : beaucoup n’y voient aucun inconvénient. Et même si cela ne pose aucun problème pour la plupart des parents et des enfants, le collectif « Porte mon nom » dénonce des situations – heureusement rares – que la loi n’avait pas anticipées. Témoignages à l’appui, il semblerait que les mères ne décident pas toujours du nom (et même du prénom) que leur compagnon ou mari déclare à l’état civil. Or, il est un fait en France que l’état civil revêt un caractère « sacré » : on parle d’immutabilité de l’état civil et il est effectivement très difficile, voire impossible de revenir sur les noms déclarés, à moins d’avoir un intérêt légitime à le faire.

    Nom de famille et nom d’usage

    Ne revenons pas sur le fait que si le père ne déclare pas le prénom et le nom sur lesquels il s’était entendu avec la mère, cela n’augure rien de bon pour la suite de leur histoire… Concrètement, ne pas porter le même nom que son enfant peut s’avérer être un problème qu’on n’avait pas anticipé, et parfois même créer des situations compliquées. Lors d’un voyage, pour l’inscription à l’école, au club de sport ou en cas d’hospitalisation, le parent se verra plus volontiers demander de produire le livret de famille.

    Aujourd’hui, la loi ne permet pas de changer le nom de famille d’un mineur une fois qu’il est enregistré à l’état civil et que la filiation de l’enfant à l’égard de ses deux parents est établie, sauf à passer par la procédure de changement de nom. Il est toutefois possible d’accoler le nom de celui des parents qui n’a pas transmis son nom (généralement la mère) à titre d’usage au nom de famille de l’enfant. Cette demande, relevant des actes non usuels, doit toutefois recueillir l’accord de l’autre parent qui partage l’autorité parentale. C’est un des points que le collectif veut combattre. Car, dans des cas de séparation très conflictuels, certains peuvent refuser cet ajout et le nom d’usage peut devenir un point de crispation, voire de négociation.

    Par ailleurs, dans les situations de violences intrafamiliales, les victimes sont contraintes de porter le nom de l’auteur des violences ou la mère d’accepter que leurs enfants le portent. L’enfant pourra certes faire une demande de changement de nom, mais seulement à sa majorité sur le fondement de l’intérêt légitime.

    Renverser la situation

    Le décret proposé veut donc renverser la situation en instaurant le double nom par défaut tout en laissant la possibilité de préférer de ne garder qu’un seul nom, moyennant quelques démarches. Le collectif souhaite également qu’il soit possible de rajouter le nom de naissance de la mère en nom d’usage aux enfants, accolé à celui du père sans l’autorisation de celui-ci. Il demande enfin que la mère puisse valider la déclaration des prénoms et noms à la naissance. “Notre souhait est que l’enfant, à sa majorité, puisse choisir le nom qu’il porte : soit le double nom, dans l’ordre qu’il désire, soit celui du père, soit celui de la mère“, conclut Marine Gatineau Dupré, la porte-parole de « Porte mon nom ». Et pour ceux qui s’’inquiètent des noms à rallonge sur plusieurs générations, qu’ils se rassurent, la loi prévoit déjà qu’un seul des noms accolés puisse être transmis en filiation. Il y aura un choix à faire, mais qui relèvera de la liberté de l’enfant devenu grand.

  • Le juge aux affaires familiales : rôle, compétences et préparation à l’audience

    Le juge aux affaires familiales : rôle, compétences et préparation à l’audience

    Vous avez sans doute déjà entendu parler du JAF, le Juge aux Affaires Familiales, notamment en cas de divorce ou de litiges liés aux enfants. Mais connaissez-vous précisément son rôle, ses missions, et comment vous y préparer efficacement ? 

    Voici un guide détaillé pour vous éclairer.

     

    Comprendre le rôle du Juge aux Affaires Familiales

    Le JAF est un magistrat spécialisé qui exerce ses fonctions au Tribunal judiciaire. Son rôle principal est de résoudre les conflits familiaux en veillant au respect des intérêts de chacun, en particulier ceux des enfants. Il intervient principalement dans :

    • les procédures de divorce et séparation de corps ;
    • les litiges sur  l’autorité parentale et les modalités relatives aux enfants (résidence alternée ou au domicile d’un seul, droit de visite et d’hébergement, etc.);
    • les problématiques financières familiales (contribution aux frais d’entretien et d’éducation des enfants, pension alimentaire, prestation compensatoire, répartition des charges) ;
    • la protection des victimes de violences familiales.

     

    Les domaines d’intervention du JAF

    Conflits conjugaux et violences familiales

    Le JAF est compétent en cas de divorce, séparation de corps, mais également dans les situations d’urgence liées à des violences conjugales. Il peut, à ce titre, délivrer une ordonnance de protection, attribuer temporairement le domicile familial à la victime ou interdire au conjoint violent de prendre contact avec elle.

    Organisation de la vie des enfants

    La priorité du JAF est toujours le bien-être des enfants. Ainsi, il prend des décisions essentielles concernant :

    • l’exercice conjoint ou exclusif de l’autorité parentale ;
    • la fixation du lieu de résidence principale de l’enfant ;
    • les modalités des droits de visite et d’hébergement, ou l’organisation d’une résidence alternée.

    Par exemple, en cas de séparation, le juge déterminera chez quel parent l’enfant résidera habituellement et précisera le cadre du droit de visite de l’autre parent ou bien il fixera une résidence en alternance au domicile de chacun d’eux.

    Aspects financiers des séparations

    Le JAF statue sur les questions financières liées à la séparation ou au divorce :

    • fixation de la contribution à l’entretien et l’éducation des enfants (sous forme de pension alimentaire et/ou de partage des frais);
    • détermination d’une éventuelle pension alimentaire entre époux au titre du devoir de secours ;
    • fixation d’une prestation compensatoire visant à atténuer les déséquilibres financiers engendrés par la rupture.

    Bon à savoir : la pension alimentaire entre époux est une aide provisoire pendant le divorce, tandis que la prestation compensatoire est destinée à compenser durablement les écarts de revenus après le divorce.

    Protection des personnes vulnérables

    Le JAF assure aussi la protection des mineurs et des personnes vulnérables, notamment en qualité de juge des tutelles pour mineurs.

     

    Comment fonctionne le JAF ?

    Le JAF décide généralement seul, mais il peut aussi demander l’intervention d’autres professionnels tels que des médiateurs familiaux, psychologues ou enquêteurs sociaux, pour mieux comprendre la complexité de chaque dossier familial.

     

    Comment saisir efficacement le JAF ?

    Avant de recourir au juge, il est préférable  d’engager des pourparlers pour essayer de trouver une issue amiable et éviter une procédure judiciaire. Cela peut se faire par le biais d’une médiation familiale ou avec vos avocats si vous en avez.

    Cependant, en cas d’urgence, comme lors de violences conjugales, la saisie directe du JAF est vivement recommandée.

    Procédures nécessitant obligatoirement un avocat :

    • Divorce
    • Séparation de corps
    • Droit de visite des grands-parents
    • Litiges relatifs aux biens du couple

    Votre avocat saisira généralement le JAF par une assignation.

    Procédures possibles sans avocat :

    • Fixation des modalités relatives aux enfants pour les couples non mariés;
    • Modification des modalités relatives aux enfants  après un divorce
    • Révision des pensions alimentaires pour enfants
    • Homologation des accords entre les parents

    Dans ces cas, vous pouvez saisir directement le juge par requête (formulaire CERFA).

    Bon à savoir : 

    Vous pouvez vous faire assister par un avocat même dans les procédures où son intervention n’est pas obligatoire. Une consultation préalable permet souvent de mieux structurer votre dossier et de mettre toutes les chances de votre côté.

     

    Que faire en cas d’urgence ?

    Dans les cas d’urgence et de situation grave (violences, enlèvement d’enfant, danger immédiat), le JAF dispose de pouvoirs spécifiques permettant d’agir rapidement : mesures provisoires, interdiction de contact, attribution temporaire du logement familial. Il collabore étroitement avec le procureur de la République dans ces contextes.

     

    Comment bien préparer son audience devant le JAF ?

    Voici quelques conseils pratiques :

    • Constituez un dossier complet avec toutes les preuves nécessaires.
    • Adoptez un discours clair et calme, orienté vers l’intérêt de vos enfants.
    • Évitez de régler vos comptes avec l’autre parent devant le Juge. Il n’est pas là pour ça.
    • Respectez strictement les décisions rendues par le juge.
    • N’hésitez pas à vous faire accompagner par un avocat en droit de la famille, qui optimisera votre défense et clarifiera vos arguments devant le juge.

     

    En résumé :

    • Le JAF traite tous les conflits familiaux, en privilégiant l’intérêt des enfants.
    • Il intervient seul mais peut demander l’expertise d’autres professionnels.
    • Sa saisine peut être directe ou nécessiter un avocat selon le type de demande.
    • Une bonne préparation est essentielle pour une audience réussie.
    • Le JAF est là pour vous accompagner vers une résolution apaisée et équitable des conflits familiaux.

     

    Face au juge aux affaires familiales, chaque situation mérite une préparation rigoureuse et une stratégie adaptée aux enjeux familiaux et patrimoniaux en présence. Une bonne compréhension du rôle du JAF et du déroulement de la procédure permet déjà d’aborder l’audience avec davantage de sérénité.

     

    Lorsque les enjeux sont sensibles — notamment en présence d’enfants ou de difficultés financières — être accompagné en amont peut faire une réelle différence dans la défense de vos intérêts.

     

    Le cabinet Soa intervient à vos côtés pour analyser votre situation, sécuriser vos démarches et vous assister à chaque étape de la procédure devant le juge aux affaires familiales.

  • Pensions alimentaires, prestations compensatoires : comment sont-elles calculées ?

    Pensions alimentaires, prestations compensatoires : comment sont-elles calculées ?

    Déterminer le montant d’une pension alimentaire ou d’une prestation compensatoire revient aux parties avec l’aide de leurs conseils, sauf en cas de désaccord où un juge statue. Sur quels critères se fonde-t-on pour estimer le montant le plus juste ? Si des tables de référence et autres méthodes de calculs existent, cherchant à objectiver cette décision, il convient de garder un regard critique. L’argent est le nerf de la guerre, dit-on : dans les divorces et les séparations, l’adage, souvent, se vérifie.

    « Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant. » (Article 371-2 du code Civil). En cas de divorce ou de séparation, cette obligation demeure et peut alors prendre la forme d’une pension alimentaire. La prestation compensatoire cherche à compenser un déséquilibre dans les conditions de vie des époux dans le cadre d’un divorce. Dans un cas comme dans l’autre, le calcul des montants prend nécessairement en compte plusieurs critères.

    La pension alimentaire doit être calculée en fonction des ressources et des charges de celui qui doit la verser (le débiteur) et des besoins de celui à qui elle est due (le créancier). Toutefois, il existe une table de référence, à laquelle chacun peut se référer, qui propose des montants indicatifs selon le nombre d’enfant, le mode de résidence et les seuls revenus du parent débiteur. Nous avions déjà parlé de cette grille et de ses manquements dans un précédent article : elle ne prend pas en compte les revenus du parent créancier, pas plus que l’âge de(s) enfant(s) dont les besoins ne sont pas les mêmes à 6 ou à 14 ans, ni la région d’habitation, ni enfin la pluralité des systèmes de résidence qui existent aujourd’hui. 

    L’établissement de cette table de référence visait à uniformiser les pratiques juridictionnelles. Une récente étude1 tend à prouver que les montants théoriques proposés par la grille indicative et ceux attribués par les magistrats convergent. Toutefois, l’étude souligne le risque de la barémisation de modifier la vocation de la pension alimentaire, instrument de la solidarité familiale, en la rapprochant d’une prestation sociale. En cause : la méthode de calcul et le manque de réflexion que peut entraîner un tel outil.

    Regard critique

    En ce qui concerne les prestations compensatoires, il faut prendre en considération près d’une dizaine de critères :

    • les besoins de l’époux à qui elle est versée,
    • les ressources de l’autre époux,
    • leur situation lors du divorce,
    • l’évolution de leur situation dans un avenir prévisible.
    • la durée du mariage,
    • l’âge et l’état de santé des époux,
    • leur qualification et leur situation professionnelle,
    • les conséquences des choix professionnels de l’un des époux, pendant la vie commune, pour l’éducation des enfants ou pour favoriser la carrière de l’autre époux au détriment de la sienne,
    • et le patrimoine estimé ou prévisible des époux, en capital et en revenu après la liquidation du régime matrimonial. 

    Il y a donc des critères financiers relativement faciles à objectiver et des critères plus personnels et donc plus subjectifs.

    Il n’existe pas de barème en tant que tel mais des méthodes de calcul largement partagées, mais dont aucune n’est officielle. Ces méthodes ne sont pas du tout homogènes entre elles et peuvent faire ressortir des résultats avec des écarts très importants.

     Selon l’étude, les juges prennent en compte de manière très inégale les différents critères légaux. Par ailleurs, les montants des prestations décidées par les magistrats et ceux obtenus en appliquant les méthodes de calcul présentent des écarts pouvant aller du simple au triple. 

    Au cabinet nous avons remarqué en effet que la tendance actuelle est que les prestations compensatoires fixées judiciairement sont de moins en moins importantes et souvent moitié moins que la moyenne des méthodes de calcul.

    Ainsi, l’objectif d’homogénéisation des décisions n’est manifestement pas atteint et il est fort à parier que les justiciables se sentent souvent injustement traités.

    Ces barèmes et autres méthodes de calculs selon des critères chiffrés – et par extension, les simulateurs que chacun peut trouver en ligne – doivent rester des outils d’aide à la décision, rien de plus. Car le droit de la famille, plus que les autres branches du droit, a besoin de s’exercer dans l’écoute, la compréhension et l’adaptabilité aux situations particulières.

    ¹ Recherche ss. dir. Scientifique S. Gerry-Vernières, mai 2020